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Panel du CSC sur la publicité
Sensibiliser et recueillir les avis pour structurer le secteur

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a organisé le 30 juin 2010 dans la salle de conférences du Liptako Gourma à Ouagadougou un panel sur le thème : « Quelle réglementation pour une meilleure organisation du secteur de la publicité au Burkina Faso ? ». Ce panel est le 3 ème d'une série instituée par la présidente du CSC et intervient après ceux tenus le 11 mars 2009 sur le traitement de l'information en ligne et le 25 septembre 2009 sur la facturation des reportages.

L'apport du secteur de la publicité à l'économie nationale est appréciable. Toutefois, en dépit de cette place de choix, le secteur connaît des difficultés au nombre desquelles la concurrence déloyale entre acteurs nationaux et internationaux ou entre acteurs du secteur formel et du « marché noir ». En outre, on note la persistance de plusieurs manquements tels le non respect de la véracité, la diffusion de publicités sur les produits dépigmentant, la publicité mensongère et la publicité sur les établissements sanitaires, l'usage peu pertinent des enfants dans la publicité, l'anonymat dans les spots publicitaires, etc.

Le directoire du panel

Pour la présidente du CSC, l'objet du présent panel découle de l'ensemble de ces problématiques. Le CSC ambitionne ainsi à travers l'initiative de lutter contre le « marché noir » dans le secteur, d'assainir le domaine et de collecter les avis pour une structuration durable des différents métiers liés à la publicité dans l'optique de la révision, en cours, du code de la publicité.

Quatre panélistes ont eu à faire des communications. Dans son propos, Dr Victor Sanou, expert en communication au Centre d'analyse des politiques économiques et sociales (CAPES), a procédé à la présentation du code de la publicité, relevé ses forces et s'est appesanti sur ses faiblesses : absence de dispositions sur les TIC ou la protection artistique et littéraire, imprécisions sur la publicité mensongère, dispositions inopérantes, aucune mention au CSC dans le texte, etc. Pour le conférencier, en dépit de ces imperfections, il faut se féliciter de l'existence du code et de la tenue du panel qui donne une suite aux Premières Journées nationales sur la publicité tenues en 2007.

Vue des participants au panel sur la publicité

Selon le magistrat Arnaud Ouédraogo, conseiller technique du ministre de la Promotion de Droits Humains, en matière de responsabilité pénale, il n'est pas juste d'assimiler les publicités mensongères ou trompeuses à de la concurrence déloyale. Il est plutôt exact de parler de faits de concurrence déloyale. De même, il est inexact d'assimiler la publicité mensongère ou déloyale à l'escroquerie, a souligné M. Ouédraogo avant de donner des repères pour une réforme des textes en matière de publicité. Ils portent, notamment, sur la notion de concurrence déloyale et le titre 6 du code.

La déontologie, a relevé Jean-Paul Hilaire, président de l'association "Publicitaires associés" est cruciale en matière de publicité dans la mesure où elle encadre la profession. Le publicitaire doit axer son message ou son contenu sur des faits vérifiables et conformes à la loi. La publicité doit respecter les exigences éthiques pour que le discours habile et flatteur ne tombe pas sous le coup de l'éthique et de la déontologie. Dans ce sens, il convient de normer les pratiques pour ne pas léser le public et la profession. Il sied ainsi d'instaurer un arbitrage normatif entre annonceurs, agences et public.

De son côté, Adama Barro, Conseiller technique au ministère en charge de la Communication a relevé un paradoxe entre les attributions du CSC et celles de la Commission de vérification de la publicité (CVP) en matière de régulation de la publicité. Le CSC prône une régualtion a posteriori alors que la CVP , qui n'a jamais fonctionné opte pour une régulation a priori . Toutefois, a relevé le conférencier, les attributions de la CVP ouvrent un large champ à la régualtion. En termes de perspectives, M. Barro propose une abrogation du décret instituant la CVP. Au lieu de réguler a priori (visionner et contrôler les contenus avant diffusion), il convient d'opter pour un avis. Enfin, conclura-t-il, il sied de tenir compte de l'évolution de la société dans les réformes.

Les 4 communications ont été suivies d'échanges nourris et fructueux qui contribueront à la relecture en cours de la loi sur la publicité.

Le prochain panel est prévu pour septembre prochain. Il portera sur les émissions d'expression directe.

Lacina KABORE

Voir le rapport général

Le département de la Communication et des Relations publiques

Tél : (+00226) 50 30 11 24    Fax : (+00226) 50 30 11 33   Email: infos@csc.bf